Projet a136


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IPMSH - Projets

Coopératives et autogestion à Montréal

CONCLUSION

En conclusion, après avoir réalisé notre démarche de recherche, qui constituait d’une part à savoir si les organisations échantillonnées correspondaient à l’idéologie type que nous avions déterminé  par l’analyse de contenu et de l’autre part à faire la synthèse et concrétiser nos résultats par l’entrevue avec une personne apte à répondre à nos questionnements, nous avons découvert que notre hypothèse de départ était à la fois confirmée et infirmée. 

Nous avons tout d’abord effectué une analyse sur les organisations, à savoir si elles véhiculaient une idéologie inspirée de l’anarchisme et du collectivisme par leur fonctionnement. Nous avons procédé à une recherche systématique par l’analyse de leur site internet en recherchant des mots clés relatant à notre idéologie type : assemblée générale, solidarité, autogestion, égalité etc. Pour notre entrevue, nous nous sommes entretenues avec une personne expérimentée en matière d’autogestion, Marc-André Cyr, historien, étudiant en science politique et chargé de cours à l’UQAM. Nous lui avons posé plusieurs questions nous ayant permis d’éclairer nos résultats et de concrétiser nos hypothèses. 

En réponse à notre questionnement de départ : « Les projets d'autogestion et de coopératives à Montréal sont-ils un mode de gestion organisationnel et pratique ne véhiculant pas nécessairement une idéologie ou mettent-ils de l'avant un projet de société basé sur un principe d'autogestion inspiré du collectivisme et de l'anarchisme? », nous avions préalablement émis l’hypothèse suivante : « Certains types de coopératives sont construits et organisés de manière à ce qu'ils tendent plus sur un mode de gestion se basant sur une idéologie anarchiste et collectiviste. Par exemple, les coopératives de travail et les coopératives de solidarité ont des fondements théoriques derrière leur organisation qui portent celle-ci vers un projet de société. D'autres types de coopératives par leur structure organisationnelle, leur fonctionnement et leurs objectifs, ne respectent pas les principes de collectivité et d'anarchisme qu'implique l'autogestion. D'autre part, la plupart des projets autogérés incluant des coopératives d'habitation (squats/communes), centres autogérés, campements autogérés et autres collectifs respectent les valeurs anarchistes et s'en réclament même ouvertement. » 

L’analyse des sites internet nous a fait comprendre que les coopératives ne véhiculent majoritairement pas une idéologie inspirée du collectivisme et de l’anarchisme et qu’elles constituent simplement en une autre forme de gestion qui est, par ailleurs, aussi corporatiste. La seule coopérative qui répondait presqu’exactement à l’idéologie type que nous avions établi est la coopérative Touski. L’analyse de contenu nous a également démontré que la plus part des projets autogérés et groupes affinitaires autogérés respectaient l’idéologie type anarchiste et collectiviste et qu’ils s’en réclamaient ouvertement. 

L’entrevue avec Marc-André Cyr a mis en évidence que les coopératives n’étaient pas toutes autogérées et que s’il n’en était pas le cas, elles n’étaient certainement pas porteuses d’idéologie anarchiste et collectiviste. Il nous a également beaucoup appris sur la différence entre les structures autogérées et les caractéristiques de celles-ci. Le témoignage de son expérience en tant que travailleur au Touski, élément non attendu de cet entrevue, mais qui s’avéra être très intéressant et important, a confirmé nos résultats par rapport à l’analyse de cette coopérative autogérée. Son expérience dans les différents types de projets autogérés et d’organisations lui a également permis de de nous informer sur la teneur de ces projets et ainsi réaffirmer nos résultats obtenus.

 En conclusion, notre hypothèse c’est avérée d’une part fausse par l’infirmation du fondement anarchiste et collectiviste entre autres derrière les coopératives de travail et de solidarité puisque celles-ci, par exemple,  n’ont pas de structure anti-hiérarchique et ne sont également pas anti-capitalistes. De plus, même si les structures de certaines coopératives sont semblables à celles d’organisations autogérées, la raison pour laquelle on les utilise n’est pas idéologique, mais plutôt pratique. Par ailleurs, notre hypothèse en ce qui attrait aux groupes et événements autogérés divers fut affirmées, en effet, elles correspondent à  une idéologie inspirée de l’anarchisme et du collectivisme et le manifestent concrètement. 

Pour terminer, afin d’approfondir le sujet, il serait intéressant d’observer différentes variables, telles que les activités des organisations ainsi que leur plan d’action à long terme. La charte de ces organisations aurait également pu être un instrument d’analyse très intéressant. Nous aurions pu aussi prendre une tout autre direction et décider d'étudier l'impact des coopératives sur la vie de quartier en analysant les différents quartiers de Montréal. Notre sondage aurait vérifié si les gens vivant dans des quartiers avec beaucoup de coopératives et d'activités autogérés sont plus heureux ou plus engagés.

 



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