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IPMSH - Projets
Coopératives et autogestion à Montréal En conclusion, après avoir
réalisé notre démarche de recherche, qui constituait d’une part à savoir si les
organisations échantillonnées correspondaient à l’idéologie type que nous
avions déterminé par l’analyse de contenu et de l’autre part à faire la
synthèse et concrétiser nos résultats par l’entrevue avec une personne apte à
répondre à nos questionnements, nous avons découvert que notre hypothèse de
départ était à la fois confirmée et infirmée.
Nous
avons tout d’abord effectué une analyse sur les organisations, à savoir si
elles véhiculaient une idéologie inspirée de l’anarchisme et du collectivisme
par leur fonctionnement. Nous avons procédé à une recherche systématique par
l’analyse de leur site internet en recherchant des mots clés relatant à notre idéologie
type : assemblée générale, solidarité, autogestion, égalité etc. Pour
notre entrevue, nous nous sommes entretenues avec une personne expérimentée en matière
d’autogestion, Marc-André Cyr, historien, étudiant en science politique et chargé de
cours à l’UQAM. Nous
lui avons posé plusieurs questions nous ayant permis d’éclairer nos résultats
et de concrétiser nos hypothèses.
En réponse à notre
questionnement de départ : « Les projets d'autogestion et de coopératives à
Montréal sont-ils un mode de gestion organisationnel et
pratique ne véhiculant pas nécessairement une idéologie ou mettent-ils
de l'avant un projet de société basé sur un principe d'autogestion inspiré du
collectivisme et de l'anarchisme? », nous
avions préalablement émis l’hypothèse suivante : « Certains types de coopératives sont
construits et organisés de manière à ce qu'ils tendent plus sur un mode de
gestion se basant sur une idéologie anarchiste et collectiviste.
Par exemple, les coopératives de travail et les coopératives de solidarité
ont des fondements théoriques derrière leur organisation qui portent celle-ci
vers un projet de société. D'autres types de coopératives par leur structure
organisationnelle, leur fonctionnement et leurs objectifs, ne respectent pas
les principes de collectivité et d'anarchisme qu'implique l'autogestion.
D'autre part, la plupart des projets autogérés incluant des coopératives
d'habitation (squats/communes), centres autogérés, campements autogérés et
autres collectifs respectent les valeurs anarchistes et s'en
réclament même ouvertement. »
L’analyse
des sites internet nous a fait comprendre que les coopératives ne véhiculent
majoritairement pas une idéologie inspirée du collectivisme et de l’anarchisme
et qu’elles constituent simplement en une autre forme de gestion qui est, par
ailleurs, aussi corporatiste. La seule coopérative qui répondait
presqu’exactement à l’idéologie type que nous avions établi est la coopérative Touski. L’analyse de contenu nous a
également démontré que la plus part des projets autogérés et groupes
affinitaires autogérés respectaient l’idéologie type anarchiste et
collectiviste et qu’ils s’en réclamaient ouvertement.
L’entrevue
avec Marc-André Cyr a mis en évidence que les coopératives n’étaient pas toutes
autogérées et que s’il n’en était pas le cas, elles n’étaient certainement pas
porteuses d’idéologie anarchiste et collectiviste. Il nous a également beaucoup
appris sur la différence entre les structures autogérées et les
caractéristiques de celles-ci. Le témoignage de son expérience en tant que
travailleur au Touski, élément non attendu de cet entrevue, mais qui s’avéra
être très intéressant et important, a confirmé nos résultats par rapport à
l’analyse de cette coopérative autogérée. Son expérience dans les différents
types de projets autogérés et d’organisations lui a également permis de de nous
informer sur la teneur de ces projets et ainsi réaffirmer nos résultats obtenus.
En
conclusion, notre hypothèse c’est avérée d’une part fausse par l’infirmation du
fondement anarchiste et collectiviste entre autres derrière les coopératives de
travail et de solidarité puisque celles-ci, par exemple, n’ont pas de
structure anti-hiérarchique et ne sont également pas anti-capitalistes. De
plus, même si les structures de certaines coopératives sont semblables à celles
d’organisations autogérées, la raison pour laquelle on les utilise n’est pas
idéologique, mais plutôt pratique. Par ailleurs, notre hypothèse en ce qui
attrait aux groupes et événements autogérés divers fut affirmées, en effet,
elles correspondent à une idéologie inspirée de l’anarchisme et du
collectivisme et le manifestent concrètement.
Pour
terminer, afin d’approfondir le sujet, il serait intéressant d’observer
différentes variables, telles que les activités des organisations ainsi que
leur plan d’action à long terme. La charte de ces organisations aurait
également pu être un instrument d’analyse très intéressant. Nous aurions pu aussi prendre une tout autre direction et décider d'étudier l'impact des coopératives sur la vie de quartier en analysant les différents quartiers de Montréal. Notre sondage aurait vérifié si les gens vivant dans des quartiers avec beaucoup de coopératives et d'activités autogérés sont plus heureux ou plus engagés. |